Paulin TALABOT
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TALABOT

   Né le 18 Aout 1799, quatriéme fils de Francois, avocat au présidial de LIMOGES, famille de la haute bourgeoisie, comprennant 5 garcons et 3 filles.

   D'abord destiné au barreau, il montra des dispositions exceptionnelles pour les sciences exactes, et son, père eut la sagesse de ne pas contrarier sa vocation. Il lui fit même donner des répétitions par le censeur du collège, un de ses anciens amis, mathématicien émérite. Aussi il fut reçu à l'École POLYTECHNIQUE dès l’âge de 18 ans. Il en sortit en 1819 dans les PONTS-ET-CHAUSSEES.

   Employé dans le service de l'arrondissement de BREST, puis aux travaux du canal latéral à la Loire, jusqu'en 1839. Il y fit la connaissance de DIDION, lui aussi INGENIEUR de POLYTECHNIQUE, acquiert l'expérience des travaux d'art, et rencontre plusieurs personnes, dont BOURDALOUE, qui deviendront ses auxiliaires.

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    Ensuite, il est appelé à NIMES par le maréchal SOULT, Duc de DALMATIE, pour remplacer Monsieur BOUVIER (rentrant dans le Service Public), comme INGENIEUR de la COMPAGNIE PERROCHEL, qui avait pris à sa charge la réfection et l'achèvement du canal de BEAUCAIRE à AIGUES-MORTES et de ses dépendances, situées dans le département du GARD.

    Ce fut aussi le maréchal qui le mit en rapport avec Monsieur FARGEON. Celui-ci venait de succéder à son père dans la direction des affaires contentieuses de la COMPAGNIE. Cette première rencontre entre deux jeunes gens bien faits pour s'apprécier, fut le point de départ d'une intime et constante amitié qui ne fit que s'accroître avec l'âge. La mort elle-même n'a pas rompu ce lien; aujourd'hui encore le souvenir de TALABOT, l'espérance que tôt ou tard un juste hommage sera rendu à sa mémoire, est une des grandes préoccupations de son ancien ami.

   Paulin TALABOT conçut le projet d'opérer une amélioration en substituant l'eau douce à l'eau salée dans la section d'AIGUES-MORTES à SAINT-GILLES, et dans le canal de SYLVEREAL. A cet effet, il établit une écluse (dite de garde), à 3 entrées et à 5 portes, ouvrage dont le mécanisme ingénieux laisse un libre passage à l'écoulement des eaux provenant des deux canaux, quand leur niveau est supérieur à celui de la mer, et, dans le cas contraire, empêche celle-ci de pénétrer. Cet ouvrage, terminé en 1834, atteignit parfaitement son but. Les deux canaux, jusque-là salés, sont depuis cette époque alimentés exclusivement par les eaux douces dérivées du grand Rhône à BEAUCAIRE, et du petit Rhône à SYLVEREAL, au grand profit des propriétés riveraines.

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   En 1830, Paulin TALABOT effectue une premiére excursion à LA GRAND'COMBE, à cheval, par la gorge de l'AVENE. L'extraction de la houille avait commencé dans cet endroit en 1809, mais elle s'opérait par les procédés les plus rudimentaires, et dans une proportion infime, faute de moyens de transport.

Ce sont les relations de TALABOT avec Georges STEPHENSON et son fils Robert, qui ont déterminé sa vocation: le succès obtenu en Angleterre l'encouragea à entreprendre le chemin d'ALAIS.

   Pour la Concession du Chemin De Fer, obtenue le 20 Juin 1833, il a trouvé des collaborateurs à MARSEILLE (Monsieur VEAUTE et Monsieur ABRIC, notables), à NIMES (Monsieur MOURIERentrepreneur en Travaux Publics), et surtout à PARIS (James de ROTHSCHILD, banquier)

   Finalement, l'acte de Société pour l'exploitation des mines et la construction du chemin de fer est signé le 27 juillet, les sociétaires étaient Messieurs Léon, Jules et Paulin TALABOT, VEAUTE, ABRIC, MOURRIER, FRAISSINET, ROUX, LUCE, RICARD, DELORD et FOURNIER.

Cette Société était établie en commandite, par actions en noms collectifs, au capital de 16 millions:

- 6 Millions pour 6.000 actions, prêtés par l'ETAT, remboursables en charbon (à fournir à la marine militaire),
- 6 Millions souscrits par la maison ROTHSCHILD,
8.000 actions, dites de fondation, pour les fondateurs, ne devant participer aux bénéfices qu'après que les porteurs de 16.000 actions de capital auraient prélevé 5% de leur mise.

   La ligne d'ALAIS à BEAUCAIRE offre le premier exemple français d'un chemin de fer établi sur un type qui, depuis, n'a plus varié. L'exécution si parfaite et si rapide de ce chemin, où viaducs et tunnels se succèdent incessamment dans une partie notable du parcours, fait d'autant plus d'honneur à TALABOT et à son collaborateur, qu'au début surtout ils étaient à peine secondés.

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