Gabriel Antoine Clément de CURIÈRES de CASTELNAU
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POLYTECHNIQUE (promotion 1868, entré 15 et sorti 3/141), ECOLE DES MINES (sorti 1/4 et promu INGENIEUR quelques mois avant ses camarades), CORPS DES MINES.

   Fils de Michel Mathieu Marie de CURIERES de CASTELNAU (docteur en droit, avocat à SAINT-AFFRIQUE) et de Marie Antonine Léonie Barthe de MANDEGOURG (1824-1898).

   Il avait comme frère aîné Léonce, Conseiller Général du Gard puis Député de l'AVEYRON, et comme frère cadet Noël Marie Joseph Edouard, un fameux général ...

   Il est né à SAINT-AFFRIQUE le 8 mai 1849 d'une vieille famille du ROUERGUE, qui, de tous temps, fut représentée dans les grands corps de l'État. Il commence ses études au collège Saint-Gabriel près de sa famille, et les termine à PARIS.

   Il entre de bonne heure et brillamment à l'Ecole POLYTECHNIQUE; son rang de sortie lui permet de choisir le CORPS DES MINES: il y est nommé le 1er Novembre 1870 et fait, encore élève, deux voyages d'études en ANGLETERRE.

   Il débute dans la carrière comme INGENIEUR ORDINAIRE à MONTPELLIER: des neiges d'une abondance exceptionnelle couvrent brusquement LES CEVENNES: il faut dégager les voies ferrées et personne n'ose monter sur la première machine. Il donne l'exemple et reçoit à cette occasion une MEDAILLE D'OR DE PREMIERE CLASSE.

   Il va ensuite à ALAIS, ou le terrible coup de grisou de GRAISSESSAC, en 1877, le met en premier contact avec les dangers de la mine. Il organise aux mines de ROCHEBELLE la lutte contre les dégagements instantanés d'acide carbonique. Après l'accident de FONTANES, son remarquable rapport sur la cause de la catastrophe, qu'il attribue nettement à l'acide carbonique, lui donne sur toute la population ouvrière une très grande autorité. Il sait en même temps lui inspirer une telle confiance qu'elle le choisit plus tard pour défendre ses intérêts au moment de la faillite de la Société de Terrenoire et Bessèges: il réussit à force de patience, d'habileté et d'énergie à faire régler les pensions des ouvriers, tâche qui avait d'abord paru presque inabordable. Il acquiert ainsi une grande réputation, que confirme une lettre de félicitations officielles.Il est fait Chevalier de la LEGION D'HONNEUR, sur la demande du Conseil Général des Mines, en 1883.

   A RODEZ, il passe INGENIEUR EN CHEF le 1er octobre 1887. Dans le bassin de l'AVEYRON, il ne tarde pas à utiliser à nouveau ses remarquables facultés. Depuis le meurtre de l'ingénieur VATRIN, le grand centre industriel de DECAZEVILLE, était dans un état très critique; il sait y ramener l'ordreIl se plait, à proximité de sa famille et de ses propriétés.

   Mais, homme de devoir avant tout, il n'hésite pas à sacrifier ses convenances et ses intérêts pour aller occuper le poste difficile de SAINT-ETIENNE. Peu après son arrivée dans la LOIRE a lieu la terrible explosion de grisou du Puits de La Manufacture (3 décembre 1891) qui coûta la vie à une soixantaine d'ouvriers. Aussitôt, aidé des ingénieurs, il parcourt les galeries effondrées, à la recherche des victimes, entraînant à sa suite les mineurs les plus hésitants, avec un courage et un dévouement communicatifs qu'on n'a pas oubliés et qui le fit citer à l'ORDRE DU CORPS NATIONAL DES MINES par décision présidentielle du 29 mai 1893. A la suite de cet accident, la population de SAINT-ETIENNE a appris à l'estimer et à l'aimer, ce qui facilite singulièrement sa tâche auprès des Compagnies. Il peut ainsi mener à bien, avec les seules ressources de l'industrie privée, la fondation de l'ÉCOLE DES ASPIRANTS-GOUVERNEURS, fondation féconde, bien vivante encore aujourd'hui.

   En 1893, il devient Directeur de l'ÉCOLE DES MINES DE SAINT-ETIENNE, et le temps de son séjour à CHANTEGRILLET a laissé le souvenir d'une période particulièrement brillante.

   Trois ans après, en 1896, séduit par l'offre qui lui est faite de diriger à son tour, d'après ses idées, une de ces grandes exploitations qu'il a jusqu'ici contrôlées avec tant d'autorité. Il entre à la COMPAGNIE DES MINES DE LA GRAND'COMBE. Dès lors, il se consacre tout entier à l'industrie. Son activité exceptionnelle lui permet d'être aussi l'INGENIEUR-CONSEIL des Mines de GRAISSESSAC, de CAMPAGNAC, (d'une conduite si délicate à cause du grisou et des feux), puis de celles de VICOIGNE et de NOEUX, où il améliore la méthode d'exploitation, l'aérage et le remblayage, supprime les goyaux, fait restreindre de plus en plus l'emploi des lampes à feu nu dans toutes les couches de charbon gras ou demi-gras. En même temps, à LA GRAND'COMBE, il donne à l'exploitation une direction et une impulsion toutes nouvelles, transforme l'outillage et contribue à assurer les retraites des ouvriers.

   Les électeurs du canton, presque à l'unanimité, l'envoient à NIMES, en 1898, au Conseil Général, où il les représentera sans interruption jusqu'à sa mort.

   Entre temps, il préside la Société métallurgique de Vézin-Aulnoye, s'occupe encore de recherches minières, est chargé de missions en Espagne et en Pologne russe, dirige la rédaction de l'énorme rapport du jury des Mines à l'Exposition de 1900.

   Après la catastrophe de COURRIERES, il fait partie de la commission qui fixe le plan de remise en état des fosses ravagées. A la nouvelle de sa mort si imprévue, l'émotion se peint sur bien des visages : de nombreux ouvriers à LA GRAND'COMBE, viennent, les larmes aux yeux, manifester spontanément à leur ingénieur toute leur sympathie.

   
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